27/11/2016

VOTATION PLAINE DE PLAINPALAIS.

L'ETHIQUE ET L'HONNÊTETE A LA POUBELLE!

Les citoyens et citoyennes, les élus-ues de la Ville de Genève qui ont protesté et milité pendant la campagne de votation contre le pillage de l'argent public, les mensonges et les manipulations concernant la soit- disant dangerosité subite des marronniers ancestraux, l'impossibilité technique de transplanter certains gros sujets n'ont pas fait le poids contre les lobbies de la construction et leurs complices en haut de la hiérarchie des Services de la construction et des espaces verts de la Ville de Genève et de l'Etat de Genève.

Sans compter un exécutif de la Ville ignorant tout du patrimoine arboricole genevois mais fanatique du projet qui a méprisé les représentants du peuple souverain, les conseillers-ères municipaux qui ont pourtant voté à la quasi unanimité deux motions pour d'une part exiger une contre-expertise d'un expert reconnu pour sa neutralité,son objectivité et son sérieux venant de l'extérieur de Genève,concernant la santé et l'espérance de vie des  marronniers survivants et d'autre part concernant les risques des transplantations pour la vie de ceux-ci : il y a des centaines de milliers de francs d'argent public qui sont en jeu pour les transplantations des marronniers au stade du Bout du Monde.

La contre-expertise d'un expert qui ne soit pas comme celui du cabinet des artisans de l'arbre de Vernier captif des mandats de la Ville de Genève à la botte de Rémi Pagani et du projet comme évidemment les expertises de l'Etat et du SEVE. Rémi Pagani et Guillaume Barazzone ont balayé la demande d'un revers de main. Deni de démocratie!

Les référendaires ont dû compter sur leurs propres moyens financiers limités alors que Rémi Pagani, sous prétexte d'information au public a mené une campagne onéreuse pour le projet avec l'argent du contribuable avec des panneaux imposants  prétendant par exemple que des entreprises spécialisées avaient assuré que les transplantations étaient possibles: mensonge et manipulation, aucune trace écrite et la preuve en est que dans le contrat d'entreprise de la Ville de Genève, aucune garantie de reprise des arbres n'est exigée de la part des entreprises.

Irresponsabilité totale puisque quand les arbres auront  le plus probablement crevé dans un an ou deux au stade du Bout du Monde personne ne sera responsable et des centaines de milliers de frs d'argent public auront été gaspillé sans possibilité de les récupérer par la justice. 

Les référendaires qui voulaient éclairer les votants sur les zones d'ombre du projet ont perdu une bataille. Ils n'ont pas réussi à faire passer des arguments vraiment convaincants dans les grands médias. Les arguments,les films chocs ont passé dans facebook mais cela n'a pas été suffisant. Car les anciens votent plus et ils n'ont pas facebook pour la plupart.

 


Sur 122.000 électeurs inscrits, env 27.000 ont dit oui au projet. Environ 17500 ont dit non et il y a env 2500 votes blanc ce qui porte quand même à env 20.000 le camp de ceux qui ont dit non ou qui doutent: ce n'est pas rien. Ceux qui ont fait l'effort de voter ne sont pas même 40%!

La morale dans cette affaire est simple. Nous vivons dans la doxa libérale-capitaliste anglo-saxonne occidentale en phase de mondialisation accélérée de la croissance à tout prix du PIB, donc des échanges monnayables.

Conserver,entretenir, protéger des arbres patrimoniaux n'a aucune valeur commerciale d'échange, il s'agit d'une valeur subjective pour le bien-être de tous les citoyens-ennes qui coûte en entretien public donc en impôts. Cela n'intéresse pas les lobbies économiques privés qui dictent leurs lois en Suisse particulièrement grâce à leur argent et leurs médias.

Comme les guerres  chez les autres sont bonnes pour le commerce et la croissance- après les destructions il faut reconstruire- la guerre contre les arbres à Genève depuis au moins 30 ans, depuis que les vieux arbres sont remplacés par les jeunes, en prétendant qu'ils sont malades et dangereux est sans merci. Tous les mensonges et manipulations  les expertises bidons sont bons pourvu qu'à la clé, il y ait des abattages, donc de la croissance pour le lobby des pépinières genevoises avec leurs prix de cartel.

Surtout dans les quartiers du peuple d'en bas, comme le quartier de la Plaine de Plainpalais , le quartier des puciers, des petits commerçants avec leurs petits clients. Au Jardin anglais, on se soucie un peu plus du patrimoine arboricole, tourisme oblige!

Très concrètement, pour le sujet du mail de Plainpalais qui nous intéresse le sort des belles , historiques  protectrices et ombragées allées de marronniers dont certains sont presque centenaires  s'est joué il y a environ 20ans dans la tête d'un personnage particulier, le sieur Roger Beer, ingénieur forestier de son état, signe du bélier, alors à la tête du nouveau SEVE de la Ville de Genève ( service des espaces verts et de l'environnement).

Il avait l'idée révolutionnaire et forestière à l'époque de raser tous les marronniers, sans tenir compte de leur état de santé pour un projet de réaménagement total de toute la plaine de Plainpalais. Le Conseiller administratif de l'époque M. Guy Olivier Second, en bon républicain, radical canal historique, défenseur des biens publics et du patrimoine arboricole s'y est opposé.

Mais c'est Roger Beer qui a gagné: peu à peu des dizaines et dizaines de marronniers ont été abattus sous des prétextes divers sans être remplacés, les 50 derniers récemment sous prétexte qu'ils étaient extrêmement dangereux pour la sécurité publique: sur les 300 environ qui accompagnaient le mail originellement, il n'en reste plus qu'un peu plus de 100 si mes calculs sont bons. Encore un peu de cynisme quelques " expertises"  orientées et le tour est joué.

Comment Roger Beer a-t-il commencé a gagner son pari? Admirez la technique! D'abord, il ramasse un demi- million dans le budget du SEVE sans en avertir l'autorité  politique pour investir dans les futurs arbres: il octroie cet argent aux grandes pépinières privées genevoises pour des contrats de culture et maintenant le ou les pépinières qui n'ont reçu que des acomptes  veulent planter. M Eric Jacquet, héritier des pépinières Jacquet aurait fait pression, par exemple, sur le parti libéral, pour que celui-ci au début réticent dise oui au projet, ce qu'il a fait.

Roger Beer s'est fait virer par Manuel Tornare du SEVE à cause de cela en 2004. Il a rongé son frein dans le privé pendant 10ans, mais en 2014, rebelote, c'est le propriétaire terrien, et paysagiste, le Conseiller d'Etat   Luc Barthassat, aux transports, à l'agriculture, aux forêts  qui le remet en selle en le propulsant chef de service pour les forêts et les grands arbres isolés: c'est lui qui va inspirer le feu vert de l'Etat  pour l'abattage de 34 arbres soit-disant extrêmement dangereux  avant la votation du référendum contre le projet.

Concernant le marronnier tombé" de lui-même"- c'est la nature selon M Rémi Pagani, la nature ne ment pas, les bras levés au ciel devant le Conseil municipal pour défendre le Oui aux 8 millions; et plus loin, et notre responsabilité et le procès s'il y a mort d'homme?- concernant ce marronnier j'ai la conviction suivante.

Je pense que la thèse de l'empoisonnement ou d'une aide quelconque pour faire tomber le marronnier à un moment stratégique est aussi valable que la thèse du marronnier tombé tout seul. Pourquoi?

D'abord, avec de très bonnes qualités de terres, anciennes terres maraîchères limoneuses et profondes, comme j'ai pu le constater grâce aux pelles mécaniques creusant pour évacuer les racines, il y a eu très peu de marronniers qui sont tombés tout seul par pourriture naturelle des racines. Selon deux habitants dont les immeubles donnent sur le mail de Plainpalais et fervents utilisateurs des promenades 3 à 4 arbres en 25 ans à ce qu'ils ont vu et su!

Du reste lors des abattages des 34 arbres, la coupe au collet et ensuite le tronçonnage des racines montrait clairement que le début de pourriture plutôt au centre du tronc avec une couleur plus foncée, alors qu'elle est blanche pour le bois sain était limité pour le plupart des arbres et même complètement absent et qu'en tous cas aucun ne présentait un danger imminent pour la sécurité publique. Sinon, la zone aurait été interdite. Enfumage et manipulation.

La probabilité donc qu'un arbre tombe " tout seul" comme par hasard, le jeudi 9 septembre du jeûne genevois par un après-midi sans vent et désert puisque les gens font le pont jusqu'au dimanche est extrêmement faible. 5 jours sur 7, il y a les marchés sur le mail et l'expert qui a normalement expertisé les arbres entre le 2 et le 12 août, n'aurait pas repéré un arbre qui ne tenait bientôt plus que par son propre poids? C'est très bizarre. Et très dangereux pour le public d'avoir recours à un pareil expert!

Par contre, empoisonner un grand marronnier avec un produit chimique est tout à fait faisable. Il y a des spécialistes pour cela et le service ne doit pas coûter très cher, au noir, à Genève. Au bout d'un mois les racines depuis l'extérieur sont rongées et il suffit de peu de force pour faire basculer l'arbre, le jour et à l'endroit voulu! Il faut être évidemment un bon professionnel, mais on trouve tout dans la Babylone genevoise. Cette thèse dans un canton voué désormais au dieu Argent n'est pas du tout farfelue d'autant plus que les abattages en masse qui allaient évidemment succéder à l 'arbre "tombé tout seul" pour des raisons de sécurité pouvaient  aisément être prévus dans l'intérêt de l'accélération des travaux sur la plaine avec les millions pour les privés à la clé. Ce n'est évidemment qu'une hypothèse.

Il faudrait une dénonciation pénale contre x, pour voir clair avec une enquête policière sur la base de photos et d'expertises de matières sur place. Et une autre ce qui concerne les escroqueries aux expertises: expertises orientées dans le sens que le veut le OUI au projet, comme j'en ai fait l'analyse critique sur la base d'un dossier remis.

Bien sûr, avec Olivier Jornot, avocat d'affaires PLR comme procureur général, la possibilité d'enquête est proche de zéro et  la non entrée en matière concernant l'affaire ou son classement après enquête presque évidents. Mais pour l'opinion publique si les dénonciations étaient relayées par les médias, un début de prise de conscience pour un renouveau de morale civique pourrait  peut-être voir le jour.

L'engouement des allées de marronniers pour les promenades date de 300 ans à Genève. D'abord la promenade de la Treille pour accéder à la Ville haute depuis la Place de Neuve. En 1720 des allées de marronniers ont été plantées et elles perdurent jusqu'à ce jour sans que l'on parle de danger imminent pour la population! Ensuite les allées de marronniers du parc des Bastions ont été implantées,donnant au lieu un cachet tout particulier  et finalement le long du mail en forme de losange de la Plaine de Plainpalais fin XIXème début XXème siècle.

Il existe un paysage, un patrimoine arboricole à Genève et le minimum de respect pour celui-ci c'est de faire exécuter des expertises par des experts neutres et non sous influence en tous cas pour les objets importants comme les promenades des allées de marronniers de la plaine de Plainpalais.

Il existe par exemple à Zurich une entreprise de plusieurs experts ingénieurs forestiers et dendrologues disposant des  outils les plus actuels et performants qui eux garantissent avec une assurance la durée de vie, sûre et sans dangers, des arbres qu'ils ont expertisés, en condition normales s'entend. On est loin des magouilles genevoises!

La poursuite du combat citoyen est simple: 44 transplantations doivent cet hiver en quelques semaines s'effectuer dans le centre sportif du Bout du Monde. Nous allons prendre des photos et suivre les arbres dans leur nouvelle destination.

 Si la grande majorité des marronniers ne supportent pas la transplantation cela voudra dire que tous les élus de tous les partis du Conseil municipal, se sont fait manipulés par Rémi Pagani, lui-même manipulé par les " experts "en votant le compromis des transplantations pour éviter d'abattre les marronniers et le crédit de 8 millions pour la requalification des allées du mail.

Si la très grande majorité des arbres reprennent et prospèrent, et bien nous devrons reconnaître que nous nous sommes trompés de bonne foi et nous nous attacherons alors seulement à ce qu'aucun autre marronnier pouvant durer encore de longues dizaines d' années ne soit abattu dans le futur sur la base d'une expertise biaisée.

Je me sens d'autant plus responsable qu'en tant qu'ancien paysagiste-pépiniériste indépendant, les tenants du NON que ce soit l'association pour la Défense des arbres et des allées de Plaine de Plainpalais, les conseillers municipaux motivés pour le NON du MCG et du PRG ont utilisé dans leurs plaidoiries pour le NON au projet, les analyses critiques que je leur ai fournies sur la base des documents que j'ai reçus d'eux, plans, expertises, contrat d'entreprise.

40 % de NON ce n'est pas rien. C'est un début de prise de conscience. Il en faudra plus pour arrêter le vandalisme arboricole!

                                                                              Pierre Pittet

 

 

 

 

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Commentaires

Jolie diatribe - peut être avez-vous raison sur les aspects techniques, peut être pas, mais la démocratie directe telle que pratiquée en Suisse et à Genève est à mon sens le moins mauvais système de gouvernement dont nous disposons. Serait-il possible de le respecter, avec toutes ses imperfections ? Vous avez perdu cette bataille. Passons à autre chose svp.

Écrit par : AlexT | 28/11/2016

La démocratie libérale avec droit de référendum et d'initiative ne peut s'appeler démocratie directe.
La démocratie directe a fonctionné lors de la révolution citoyenne genevoise de 1792: le peuple des citoyens se réunissait dans la cathédrale Saint-Pierre pour accepter et voter les lois
Dans l'affaire des arbres de Plainpalais il y a manipulation de la population avec des mensonges grossiers après la chute d'un marronnier soi-disant de lui-mmême: 50 arbres étaient extrèmements dangereux et devaient être abattus tout de suite: il s'agissait d'une expertise d'un expert vendu- différence avec l'expert acheté-. L' expert se vend à la ville de Genève car il a besoin de mandats et donne les expertises qu'il sait que l'exécutif, le SEVE, L'Etat attend pour faire de la croissance: massacrer un patrimoine de marronniers qui pouvaient avec des soins durer encore longtemps mais qui n'avaient aucune valeur d'échange commercial Comme j'ai été consultant bénévole pour le camp du
NON, par mon ancienne profession, je puis vous assurer que le combat contre les manipulations des lobbies privés pour piller l'argent public avec des prix statosphériques n'est pas terminé. La vérité arrivera quand les arbres les marronniers soit-disant transplantables auront crevé dans le stade du Bout du Monde avec pour résultat le pillage de l'argent de contribuables de la Ville de Genève, des centaines de milliers de francs ¨! Pierre Pittet Président de l'association Citoyens-ennes pour la Justice publique.

Écrit par : pierre pittet | 08/12/2016

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