29/05/2015

VOTE POUR TRANSFORMER DES BUREAUX EN LOGEMENTS.

LE OUI D'UNE CAMPAGNE DEMAGOGIQUE MANIPULATRICE ET MALHONNETE.

Le pitoyable et cupide avocat et spéculateur immobilier Ronald Zacharias, proclamait au Grand-Conseil en mars 1014: nous allons tuer la LDTR. ( La loi sur les démolitions, les transformations et les rénovations qui protège les locataires.) Le couple PLR-MCG, le mariage  de la carpe et du lapin, le libéralisme avec la xénophobie, veut en finir avec la protection des locataires. Joli programme, quand on sait que 85% des résidents genevois sont locataires!


De quoi donc elle faite cette nouvelle loi votée par la droite au Grand-Conseil ? Allons dans le texte.

Art. 1           Modifications
La loi sur les démolitions, transformations et rénovations de maisons d’habitation (mesures de soutien en faveur des locataires et de l’emploi), du 25 janvier 1996, est modifiée comme suit :
Art. 3, al. 4 (nouvelle teneur)
4 Il n’y a pas de changement d’affectation au sens de la présente loi lorsque des locaux à usage commercial, administratif, artisanal ou industriel sont affectés à l’habitation. Il n’y a également pas de changement d’affectation au sens de la présente loi lorsque ces locaux retrouvent leur destination commerciale, administrative, artisanale ou industrielle antérieure. Le loyer ou le prix des locaux convertis en logement ne peut pas être contrôlé au sens de la présente loi. Est réservé l’éventuel contrôle existant déjà au sens d’une autre loi en matière d’immeubles subventionnés et se poursuivant aux conditions de celle‑ci.
Art. 7           Principe (nouvelle teneur)
Sous réserve de l’article 3, alinéa 4, nul ne peut, sauf si une dérogation lui est accordée au sens de l’article 8, changer l’affectation de tout ou partie d’un bâtiment au sens de l’article 2, alinéa 1, occupé ou inoccupé.

On apprend tout d'abord que lorsque des locaux à usage commercial, administratif, artisanal ou industriel sont affectés à l'habitation, il n' y a pas de changement d'affectation. Idem dans le sens inverse! Ah bon? Local commercial, administratif, artisanal ou industriel et logement pour vivre, c'est la même affectation, c'est la même chose! Pourtant dans le plan des zones d'affectation du Département des constructions, il y a des zones industrielles et artisanales et des zones pour le logement. Le bon sens s'insurge contre ce charabia juridique.

En fait c'est simple. La LDTR permet déjà de transformer des bureaux en logements mais il y a un contrôle des prix de location des nouveaux logements de la puissance publique garante de l'intérêt général, permettant à tous les ménages de se loger à prix abordables qui ne plait pas aux puissances privées!

Par exemple un quatre pièces dans un nouveau logement transformé ne peut pas être loué plus de 1130 frs pendant une période de 3 à 5 ans, le loyer devenant libre à l'issue de la période. Les bailleurs, les milieux immobiliers veulent des prix libres tout de suite, c'est à dire les prix du marché libre spéculatif genevois,vu l'exiguïté du territoire, et la demande qui dépasse l'offre depuis au moins 60 ans. Cette dérégulation, comme la dérégulation financière qui a mis en crise pour longtemps  nos sociétés va évidemment profiter aux propriétaires et non aux locataires qui à 80 % font partie des classes populaires et moyennes.Un contrôle étatique est absolument nécessaire pour éviter les dérives.

La loi germée dans le cerveau manipulateur de Ronald Zacharias veut le casser. Laissons-lui une pensée logique et positive: il est évident que l'Etat contrôleur devrait à la fois tenir compte du loyer antérieur, et du loyer après travaux, en laissant disons une marge d'intérêt de bon sens calviniste d'environ 5% maximum de rendement immobilier Il ne faut pas décourager les propriétaires honnêtes qui respectent leur locataires. Mais pas plus. S'il faut peut-être améliorer la LDTR, il ne faut absolument pas la démanteler.

Ce que veulent les milieux d'affaires immobilières, ce n'est évidemment pas, pour la majorité, ce bon sens moral, c'est démanteler la protection des locataires et exiger des loyers après transformation totalement livrés au grand vent du marché spéculatif: le fameux prix du marché qu'il faut accepter comme une fatalité!

C'est en fonction de cette réalité que les tenants de cette nouvelle loi sont obligés d'utiliser des arguments démagogiques :tous les milieux de droite et curieusement également le PDC, parti démocrate chrétien, et même le PEV, le parti évangélique. Ont-ils oublié que Jésus était du côté des pauvres, ou sont-ils assez stupides pour penser que cette nouvelle loi va débloquer des milliers de logements bon marché pour les Genevois?

Les affiches qui fleurissent dans leurs espaces réservés des communes genevoises pour faire accepter la loi sont parfois d'une imbécillité, ou éventuellement d'un cynisme stupéfiants.

Prenons ce nouveau parti opportuniste, les verts-libéraux. Pour eux il y a 200.000 m2 de bureaux disponibles et 165.000 m2 de bureaux en construction. Cela fera donc automatiquement avec la nouvelle loi 3000 logements donc 12.000 personnes qui trouveront un appartement ( je cite les chiffres de mémoire)

C'est carrément débile. Un immeuble de bureaux neufs n'a rien à voir avec un immeuble de logements. L'investisseur de l'immeuble construit en bureaux dans des lieux adaptés et stratégiques ne veut évidemment pas les transformer en logements, ce qui lui coûterait trop cher.Il va attendre s'il le faut pour louer. On dirait que les verts-libéraux n'ont aucun architecte parmi leurs membres!

Les friches industrielles offrent certaines possibilités: par exemple l'ancienne usine pic-pic près de l'ancien stade de Servette au Charmilles. Ils ont été transformés en lofts PPE ( propriétés par étage) mais bonjour les prix. Ce sont des lofts pour riches!

Que resterait-il alors pour transformer des bureaux en logements à des prix raisonnables? Uniquement les immeubles anciens, dont les loyers grâce  à la LDTR sont restés assez bas. Alors, professions libérales, médecins de famille à prix doux, études d'avocats pour précarisés, professions de la santé, indépendants,comptables, artisans et artistes divers dont le budjet tourne encore dans des appartements bon marché. Tous dehors. On transforme. On veut des logements pour le peuple! Non, ce n'est pas sérieux. C'est loi issue d'un cupide spéculateur immobilier, qui possède près de 100 appartements et milite pour lui, est mauvaise et absolument pas dans l'intérêt de la majorité des locataires.

Pour construire bon marché, il faut construire sans avoir à acheter des terrains. Il faut construire en droit de superficie. Il faut "coopérativer" construire un maximum de coopératives d'habitation, dont les logements même neufs sont  20% moins cher.

Les citoyens et citoyennes genevois, conscients des illusions qu'on veut leur vendre à grand renfort de pub tous supports doivent rejeter absolument cette mauvaise loi qui est le début d'une entreprise de démolition de la protection légitime des locataires genevois, gage de la défense de l'intérêt général et de la paix publique.

Ils doivent désobéir aux mots d'ordre de partis et d'une classe politique qui ne pense qu'à ses propres intérêts partisans. ET VOTER NON!

                                                                   Pierre Pittet

 

 

 

 

 

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