21/03/2015

FONDS CRIMINELS ABACHA: UN PARQUET GENEVOIS IRRESPONSABLE ET DANGEREUX!

Le tandem Lüscher-Jornot, du clan libéral des avocats d'affaires à la manoeuvre!

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Pour tous ceux et celles qui n'ont pas d'abonnement à l'hebdo, précipitez-vous dans les kiosques pour l'acheter son édition du 19 mars. Les révélations des journalistes Marie Maurisse et François Piletsur les techniques du tandem précité pour qu'une famille de criminels financiers africains ne soient tout simplement pas jugés dans un procès public valent leur pesant d'or. Et en plus, c'est très lucratif, cela permet aux avocats d'affaires d'être rémunérés en millions de francs suisses. Avec évidemment l'assentiment de la famille d'un clan criminelet d'un gouvernement nigérian vraisemblablement également corrompu.


Il ne s'agit pas de n'importe qui. Il s'agit du clan Abacha . En seulement 5 ans de dictature entre 1993 et 1998, le général Sani Abacha, maître du pays d'Afrique le plus peuplé, et immensément riche en pétrole, le Nigéria  a réussi à piller 2,4 milliards de dollars dans les caisses de l'Etat et à les cacher dans des banques suisses par le truchement  de montages financiers dans un labyrinthe  de sociétés offshore, dans des endroits comme le Lichtenstein, le Luxembourg, ou Jersey. En même temps il trucidait ses opposants anti-corruption.

C'est le regretté Procureur général genevois socialiste Bernard Bertossa qui avait lancé une plainte à Genève en 1999 contre les héritiers du dictateur pour " participation à une organisation criminelle et blanchiment d'argent qualifié " De sa plainte, il ne reste pratiquement rien, puisque grâce à la complicité du tandem avocat d'affaire libéral Lüscher, procureur général  libéral Jornot, qui se sont entendus comme larrons en foire dans cette affaired'une manière incroyable, et  qui parait totalement illégale dans une République, dans laquelle tous les citoyens doivent être égaux devant la loi, les héritiers criminels qui avouent des blanchiments  à milliards de dollars ne passent même pas par la case Justice, la  case procès public, la case prison. Ils ne font pas un jour de tôle! Et c'est possible avec le Parquet genevois quand le Procureur général s'appelle Olivier Jornot.

L'affaire juteuse à millions pour les avocats d'affaire devait être totalement secrète. Grâce à ce qui nous reste en Suisse comme journalistes d'investigation, qui doivent se compter maintenant sur les doigts des deux mains, l'affaire devient publique. Il faut s'en féliciter.

Comme cela est-il possible en Suisse,  sans que le Département des affaires étrangères fédéral qui traite des affaires entre Etats ne soit mis au courant? Sans que la Justice fédérale ait son mot à dire dans l'accord secret ?

Evidemment  le procureur général Olivier Jornot va arguer qu'il avait déposé une plainte pénale, mais qu'elle avait été annulée par le Tribunal fédéral. Excuse trop simple. Il suffit que la plainte soit mal faite pour qu'elle soit annulée au fédéral. Alors, il a décidé avec son compère Lüscher d'un règlement à l'amiable, confidentiel entre le gouvernement nigérian et les héritiers du clan Abacha.

Pour l'avocat français William Bourdon, expert en biens mal acquis (volés serait même plus juste) " Une restitution en catimini est inacceptable. Il s'agit d'argent public, donc les citoyens devraient avoir accès à l'information" Et surtout ceux qui sont concernés, les citoyens du Nigéria. Pour cela il faut un procès public évidemment.

Ce n'était pas l'idée de notre tandem. Le procureur général a essayé de faire condamner Abba Abacha, un des fils héritier par deux fois, dit-il mais ses décisions ont été cassées en appel. Comme si Aba n'avait pas hérité  des biens volés et qu'il ne les avait pas acceptés. S'il a accepté de rendre une grosse partie des milliards volés on peut penser qu' il doit lui rester encore du fric planqué: il est évidemment complice de vol ou de recel de vol, et cela semble même pour un néophyte en droit pas bien difficile à prouver: " participation à une organisation criminelle et  blanchiment qualifié" comme le dit la plainte de Bernard Bertossa le 24 novembre 1999.

Encore faut-il vouloir vraiment inculper. Cela n'a pas l'air d'avoir été la préoccupation principale de notre élu!  A moins qu'il ne soit incapable pour ce genre d'affaires, ce qui n'est pas impossible, mais alors, il n'a rien à faire comme Procureur général.

Oui, mais si l'affaire se règle logiquement et légalement dans un procès public,  il y aura moins de fric à se distribuer pour les avocats surtout ceux qui défendent les enfants du dictateur, dont l'avocat d'affaire libéral Christian Lüscher En effet, les avocats devront être payés  avec de l'argent légal des fils Abacha, et pas sur une partie de l'argent volé qui revient dans la convention à l'amiable au gouvernement nigérian, qui lui est chargé de payer l'avocat Lüscher, dans la convention secrète.

Dans cet accord de rapatriement, les fonds en question atteignent 650 millions de dollars, bloqués au Liechtenstein et au Luxembourg. Un mois jour pour jour après la signature de cet  accord secret entre l'Etat nigérian et les fils Abacha, sous l'égide de la justice genevoise, la justice américaine le 7 août 2014 bloque 480 millions de dollars détournés par le dictateur essentiellement sur des comptes anglais.

Un peu comme les directeurs multi-millionnaires des multi-nationales qui décident de leur salaire,sans consulter les propriétaires de l'entreprise, les avocats d'affaire défendent leur bifteck sans risque de concurrence loyale et non faussée comme aiment à s'en gargariser les " libéraux." Cela donne dans l'accord de rapatriement préparé par les avocats et le parquet genevois.

 La République fédérale du Nigéria devra payer Christian Lüscher de CMS von Erlach Poncet SA 2,8% des sommes rapatriées. Christian Lüscher a déjà touché sur la somme déjà rendue au Nigéria de 650 millions de dollars 17 millions qu'il va devoir partager avec ses petits camarades de jeux avocats ayant oeuvré pour la famille Abacha! Sur le total des 1,1 milliards de francs rapatrié, l'argent touché par l'ensemble des avocats du Nigéria et de la famille Abacha  pourraient dépasser les 70millions de dollars environ 7 % des fonds restitués.

Or, une convention de l'ONU de 2003 sur la rétrocession des fonds issus de la corruption indique que les Etats qui conduisent les investigations peuvent garder une part raisonnable, estimée à 2% pour couvrir leurs frais, soit pour l'affaire citée environ 20 millions. Le parquet genevois, en la personne du procureur général Olivier Jornot dans son accord de rapatriement - repatriation agreement- préparé vraisemblablement par les avocats des deux bords, et accepté par le Nigéria et la famille Abacha a été d'accord de larguer 50 millions en plus pour les avocats.

Nous sommes des citoyens genevois, et nous ne connaissons même pas la facture publique de la justice genevoise dans cette affaire, qui doit être une misère. Nous connaissons juste les factures privées des avocats, hautes comme des montagnes. C'est une honte¨!

Je parlais d'un parquet genevois dangereux dans le titre de cette lettre. Le Nigéria est de notoriété publique considéré comme un gouvernement corrompu, kleptocrate qui laisse crever ses citoyens et citoyennes dans les villages et dans les villes. C'est exactement la cause du terrorisme: la misère et l'ignorance endémique qui transforme les fous d'Allah en massacreurs de tous ceux qui ne connaissent pas la loi de Dieu. Donc  aussi les corrompus du gouvernement, en plus de tous ceux qu'ils trouvent sur leur passage et qui ne leur font pas allégeance.

Imaginons une seconde qu'un cerveau terroriste islamiste de Boko Haram, groupe terroriste qui sévit depuis plusieurs années dans le nord musulman et très pauvre du Nigéria,  apprenne que le Parquet genevois faisant partie de la Justice genevoise est complice du gouvernement nigérian et de la famille de l'ancien dictateur, criminelle et corrompue,avec les avocats d'affaires suisses, pour n'avoir pas même jugé ou extradé les complices de vols   ou recel de vols de plusieurs milliards d'argent public du peuple nigérian,les fils du dictateur corrompu Abacha.

C''est trop facile d'en rendre une grande partie, d'acheter la justice en somme et d'éviter la case prison, risquent-ils de se dire d'une manière simple et logique. Nous savons que les islamistes terroristes et fanatiques sont prêts à tout, même à mourir pour le Jihad pour Allah et surtout à organiser des attentats terroristes partout dans le monde.

C'est lamentable que pour des raisons de cupidité financière d'avocats d'affaires, le Ministère public genevois, en la personne de son procureur général Olivier Jornot prenne un risque possible concernant la sécurité genevoise à l'heure où les terroristes islamistes se rapprochent dangereusement de notre pays. Il leur offre une occasion en or de critiquer un occident malheureusement corrompu. Un déni de justice puisque la Justice publique a été niée dans cette affaire qui s'est règlée secrètement. Il n' y a pas eu de procès public.

Un procès qui aurait pu faire avancer la cause de la paix et apaiser les tensions dans la République fédérale du Nigéria. Avec un procès public, les fonds renvoyés au Nigéria seraient annoncés publiquement, et la société civile nigériane informée, pourrait réclamer son dû. Des centaines de millions qui arrivent dans le giron du gouvernement nigérian et cela complètement secrètement. Et vous voulez nous faire croire que de cette manière, cet argent sera bien " monitorisé"  bien utilisé?

Christian Lüscher, vous prenez les citoyens et les citoyennes genevois pour des imbéciles. J'espère bien qu'ils sortiront de leur ignorance et qu'ils vous vireront du Conseil national cet automne!

Et j'espère bien que le scandale du Parquet genevois ne fait que commencer avec le courageux article de l'Hebdo.

Pierre Pittet, président de la CJP, l'association Citoyens-citoyennes pour la Justice publique.


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