17/09/2014

TRAVERSEE DE LA RADE: ON VOUS VEND DU VENT!

L'alliance des deux partis nationalistes et populistes UDC et MCG avec le Grand Capital: la pire pour les biens publics et l'intérêt général, l'intérêt du plus grand nombre, l'intérêt de la République.

C'est ce genre d'alliance qui s'est nouée en Europe dans les années 1930 lors de la montée des fascismes. Pourquoi? Les milieux populaires  finalement très nombreux, les moins éduqués à l'esprit critique, qui votent massivement pour des faux sauveurs, sont aussi les plus facilement manipulables quand des millions sont utilisés pour une publicité politique mensongère mais séduisante.  Voyez plutôt!


Un groupe rassemblé sous l'emblème: la Rade-Oui, avec un logo très design en forme de pont rassembleur, pour le tunnel, fait très fort. Il inonde carrément la ville de ses affiches très séduisantes et très professionnelles. On sent de très gros moyens pour vendre aux genevois une espèce de paradis terrestre pour les piétons, les trams, les bus, les vélos, les parcs, les bains si les Genevois déposent dans l'urne un oui à la traversée de la rade.

Ce même peuple avait  décidé une traversée lacustre en 1988, mais en 1996, seulement environ  30% de votants avait privilégié le tunnel. Le pont n'avait aussi pas trouvé grâce auprès de la population.

Et depuis, c'est évidemment la traversée du lac entre le Vengeron et la Bellote se raccordant aux autoroutes françaises et suisses pour terminer l'autoroute de contournement à l'est qui est privilégié par les autorités politiques genevoises. Même si aujourd'hui, Bern préfère que l'argent de la Confédération serve à résorber les bouchons autoroutiers en procédant à une troisième voie sur l'autoroute qu'à finir le contournement de Genève. Selon Bern, il n'y a pas assez de projets de logements et d'entreprises sur la rive gauche pour justifier des aides financières. Ce qui est faux: on peut considérer Chêne-Bourg et Thônex comme des communes de rive gauche et il y a là des grands projets de développement en zone 3. A nos élus de se battre à Bern, si une traversée lacustre s'avère vraiment nécessaire comme l'autoroute de contournement l'a été. Selon la Conseillère fédérale en charge de l'économie, Doris Leuthard, il faudrait entre 15 et 30 ans pour la réalisation de l'ouvrage soit entre 2030 et 2045. Et alors?

Un tunnel trop proche du centre, un gouffre  à plus de 1000 millions, les précautions hautement nécessaires concernant la nappe phréatique, vitale pour l'eau potable des Genevois, les multiples recours tout cela ferait que ce tunnel mettrait bien 15 ans soit jusqu'en 2030 pour se réaliser. Combien d'années a mis le CEVA?

Mais  c'était sans compter sur la bimbo de service, l'opportuniste Céline Amaudruz, présidente de l'UDC Genève, sentant le bonne affaire politique qui s'est  improvisée grande spécialiste de la mobilité à Genève,la nouvelle égérie des automobilistes qui ne veulent plus de bouchons et qui a lancé avec son parti une initiative populaire.

Et les lobbys ont répondu présent:l'ACS, automobile club suisse, la CCIG Chambre de commerce, d'industrie et des services, la FCG fédération du commerce genevois, la Node, nouvelle organisation des entrepreneurs, la socopark, société pour la création de parkings, le Tradeclub Genève le puissant lobby des grandes surfaces commerciales, le TCS, section Genève, qui a récemment retourné sa veste. Une force de frappe organisationnelle et financière de première main.

Et le MCG y va également de son petit couplet: de l'air pur est promis à Genève en cas de traversée automobile sous la rade! Pathétique!

Mais comment croire une seule minute qu'en amenant un tunnel sous lacustre de  l'avenue de France au Port Noir, raccroché ensuite par un autre tunnel à la route de Malagnou, une des variantes, un tunnel si près du centre qui va être un aspirateur à voitures, le quai Gustave Ador, le Pont du Mont-Blanc, et le quai Wilson, vont se vider de leur circulation automobile de près de 50% ? Et devenir une espèce de paradis pour les piétons, les cyclistes et les transports publics comme nous le font rêver les belles affiches aux paysages, arbres et perspectives numérisées et imaginaires de La Rade-Oui, des lobbys pro-voitures et pro-commerce? Ils ne pensent qu'à leurs propres intérêts financiers avec leurs publicités mensongères et manipulatrices et absolument pas à l'intérêt général, la règle dans une République.

Par exemple, Les files des pendulaires qui viennent de la France voisine, de la route de Thonon, de toutes les communes huppées de la rive gauche et qui se déversent le matin sur le quai Gustave Ador formant des bouchons n'ont pas forcément besoin de traverser la rade pour rejoindre l'avenue de France. Elles peuvent avoir besoin de travailler ailleurs dans le canton et continuer à emprunter le quai Gustave Ador pour atteindre les Eaux-Vives et même le Pont du Mont-Blanc. Il n'y a qu'une solution: les  parkings relais P+R et des transports publics efficaces pour laisser la place libre à tous ceux qui ont vraiment besoin d'une voiture pour des raisons professionnelles, les taxis, les commerçants, les indépendants par exemple.

En effet, si les Genevois veulent un air plus pur, il faut comme dans n'importe quelle ville, grande ville, mégapole au monde renforcer, rendre plus efficaces les services publics en site propre afin qu'ils deviennent pour la majorité de la population un moyen de mobilité plus efficace que la voiture. Ce qui n'est évidemment pas encore le cas à Genève. Mais patience, les transports publics,les réseaux de trams, se sont améliorés, malheureusement pas assez en site propre. Le CEVA, le RER genevois va bientôt remplir ces conditions. Les parkings relais peuvent être efficaces si des trams en site propre continuent la route et non des bus pris eux aussi parfois dans les embouteillages.

Les jeunes et aussi les moins jeunes, sensibles à la préservation de l'environnement montrent  l'exemple en pratiquant les pistes cyclables, aidés maintenant par les vélos électriques dont les ventes explosent.

Le rapport utilité-prix est très négatif pour cette resucée d'un projet équivalant qui en 1996 n'avait recueilli avec raison que 30 % des suffrages, compte tenu des difficultés, des nuisances qu'il y avait à surmonter pour un maigre résultat escompté. En 2014, La Tribune de Genève annonce que son sondage parmi les lecteurs du journal donne 53% d'avis positifs. Les Genevois seraient-ils devenus plus stupides, plus manipulables qu'il y a 15 ans, avec moins de bon sens critique?

Ce n'est pas impossible avec les médias, les espaces de publicité tous canaux confondus, de plus en plus à la botte des puissants lobbys dont le but est de développer les affaires, augmenter les profits, sans souci de l'intérêt de la majorité de la population, de l'intérêt général.

IL FAUT EVIDEMMENT VOTER NON A CE MAUVAIS PROJET TROMPEUR DES  PARTIS  POPULISTES UDC-MCG ALLIES AUX LOBBYS DE LA VOITURE ET DU GRAND COMMERCE.


                                                              Pierre Pittet





 




 

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Commentaires

ce qui me sidère face à la votation d'une initiative impactant autant l'avenir de l'ensemble des contribuables et du canton,

c'est l'absence d'informations fondamentales de ce projet

Les votants n'ont d'autres sources que celles apportées via blogs et forum, au travers des combats disputés entre les pour & les contre

En 2014 à Genève-Ville & Canton, on a affaire à une majorité de votants d'origine étrangère.
Il s'agit d'une majorité, aux 3/4 ignorants des conséquences du projet mais qui ont le droit d'engager la responsabilité et l'avenir de tous.

L'UDC a, avec cette initiative si mal-fondée, agit en irresponsable et jéopardise notre système de démocratie directe.

Une votation, cela coûte déjà très cher aux contribuables.
Quant aux résultats, si une majorité la fait passer... je vais pas continuer à faire supporter par impôts de x futures générations, l'endettement creusé par de telles mauvaises décisions, d'un soit-disant développement genevois qui ne bénéficie qu'à quelques gros ventres fiscalement exilés hors territoire

Arriver à proposer une initiative de cette importance si mal fondée, c'est être sûr de faire gagner ses partenaires (économiques), et "à la française", se foutre royalement des électeurs et du peuple.

Écrit par : pierre à feu | 17/09/2014

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