06/07/2014

CORRUPTION DANS L'ARMEE SUISSE?

C'est en tous cas la conclusion logique que peut tirer tout citoyen éveillé et au courant des pratiques et des lois économiques en lisant l'article du Matin dimanche de ce jour. En effet comment peut - on une seconde imaginer que l'adjudication de mandats informatiques par le DDPS ( département fédéral de la défense) à un consultant privé pour plusieurs millions,sans appel d'offre public, donc en violant la loi à savoir, sans avoir été mis en concurrence avec d'autres entreprise pour le meilleur  rapport qualité-prix et pour défendre l'argent des citoyens-contribuables, ait pu se réaliser sans que les adjudicateurs publics ne soient intéressés financièrement aux coups, donc sans enveloppes au noir, sans corruption financière? C'est humainement irrationnel  Si on viole la loi, ce n'est pas pour l'autre uniquement, c'est aussi pour son propre intérêt! Il y a les corrupteurs et les corrompus. Et cela s'appelle la corruption à l'argent public!  Il faut évidemment des preuves et pour cela, il faut que les témoins témoignent. Il faut qu'il aient le courage de témoigner! Il faut une volonté politique de protéger ces témoins. Il faut une Justice et des enquêteurs impartiaux mais implacables.



Le job du consultant privé? " Conseiller personnel du divisionnaire Werner Blaüenstein, chef de la logistique de l'armée et ancien collègue de l'actuel chef de l'armée André Blattmann, ayant travaillé avec lui dans l'entreprise d'armement public Ruag. Lorsque le divisionnaire quitte son poste en 2008, l'Etat major du département de la défense suisse continue à payer à l'informaticien fribourgeois un demi million par an pour ses précieux conseils! Plus que le salaire du chef de l'armée!

En Suisse, on peut monter en grade dans le viol des lois à savoir  en l'espèce, l'obligation de faire jouer la concurrence pour défendre et préserver l'argent public lors de l'octroi des mandats privés. En 2010, le DDPS, est en pleine tourmente. C'est maintenant le chef de l'armée lui-même André Blattmann qui attribue un mandat de 740.000 frs à une connaissance consultant en informatique et encore une fois sans l'appel d'offre public donc en violant la loi. Et c'est ce type-là que nous avons comme chef de notre armée? C'est n'importe quoi!

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Notre général Guisan, qui lui a servi le peuple et l'indépendance de notre pays, quand la classe dirigeante politique et économique était en majorité pro Hitler se retournerait dans sa tombe!

Le Conseiller fédéral de tutelle, Ueli Maurer se réveille quand même et renforce les contrôles: tous  les contrats de plus de 40.000 frs devront passer par son bureau. Ses experts examinent les contrats passés: 90 pour 100% sont non conformes donc illégaux! Alors que le travail pouvait être réalisé à l'interne de l'armée, des mandats à des privés sont adjugés  même avec des raisons pas claires.

Il devient trop risqué pour les cadres du service des achats de donner des contrats directement au consultant en cause.  Ils passeront donc par une entreprise privée zurichoise qui a un vaste projet informatique pour l'armée de plusieurs millions. On glissera les 400.000 du contrat de X à l'intérieur du contrat-cadre correctement mis au concours. Sauf que, la mission de X n'a pas grand chose à voir. Les militaires avaient même prévu un dédommagement de 40.000 frs pour l'entreprise zurichoise, justifié par les décomptes horaires d'un cadre de l'entreprise. Sauf qu'il s'agit d'heures fictives.

Un peu comme les emplois fictifs de la commune de Paris sous le règne du président Chirac pour financer son parti. Argent public volé donc pour des raisons partisanes mais au moins Jacques Chirac a été jugé et condamné par la Justice française. Que fait alors notre Justice suisse dans cette affaire?

En mai 2012,  une procédure pénale a été ouverte par le procureur général de la Confédération Michael Lauber. Le plan des militaires: les faux  décomptes d'heures et le versement des honoraires du consultant X depuis un compte de réserve n'auraient finalement pas été mis en pratique. Trop gros, trop risqué, avec risque de fuite parce qu'un collaborateur aurait refusé d'y participer. Evidemment, l'entreprise zurichoise qui cherchait elle le gros contrat  avait intérêt  à être bien avec les cadres du service des achats. Or, elle nie tout lors de l'enquête pénale.

L'enquête pénale serait en passe d'être classée,  et la loi sur l'attribution des marchés publics est du ressort du Tribunal administratif. Selon les journalistes du Matin dimanche, il faudrait qu'un concurrent de X porte plainte, mais comme il n'y avait pas d'appel d'offre public, il n'y avait pas de concurrent possible, donc il n'y a pas de plainte possible, donc il n'y a pas de justice possible! C'est du grand n'importe quoi!

En fait, logiquement, il faudrait enquêter pour présomption de corruption  à l'argent public.

Depuis la prise du pouvoir du Parquet par la  droite d'affaires, les avocats d'affaire, comme Daniel Zappelli, les Genevois sont habitués aux classements des enquêtes pénales quand elles touchent les milieux proches du procureur: 2,3 milliards d'argent public pillé dans le scandale de la BCG par les faillites frauduleuses des promoteurs et les corruptions bancaires ayant permis les prêts spéculatifs. Personne en tôle. Tous impunis! Au moins 10 millions dans l'escroquerie à l'argent public du 25 rue du Stand, affaire classée par le clan Zappelli, parce qu'il y avait en cause un grand courtier immobilier international, Colliers et un banquier milliardaire, Edgar de Piciotto,boss de l'UBP qui avait pourtant trafiqué avec Madoff pour environ 800 millions de dollars en faisant perdre 400 millions à ses clients.

Est-ce que la Berne fédérale et même notre armée serait gangrénée aussi par la cupidité du fric pénal ? Et alors que devient la défense du peuple, la défense du citoyen-contribuable? La défense des finances publiques?

En tous cas, selon les journalistes du Matin, le consultant X continue comme si de rien n'était à conseiller le Département fédéral de la défense....


Pierre Pittet

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