29/05/2014

ASSASSINAT D'ADELINE: LA HONTE!

UNE ATTAQUE PENALE CONTRE L'ETAT PARAIT LA SEULE SOLUTION  DIGNE ET EFFICACE!

adeline.jpgDevant tant de malhonnêteté intellectuelle, de corruption morale, de lâcheté,de collusion qui s'étalent au fil des jours dans les quatre enquêtes de la TdG, depuis la diffusion d'un rapport Chappuis lénifiant ayant permis aux HUG, les hôpitaux universitaires genevois  de décider d'un simple blâme à l'encontre de la directrice de la Pâquerette,une unique voie juridique semble prometteuse et sûre de la victoire: une attaque pénale et frontale contre l'Etat de Genève.  Un Etat en faute ne connait que les rapports de force. Ne comptez jamais sur lui pour qu'il fasse la lumière ou une auto-critique. Comptez sur vous seuls!

La sanction dérisoire des HUG qui avaient commandé le rapport, devant les responsabilités publiques écrasantes de certains responsables dans cette affaire a provoqué un vent de révolte de la part de la famille, du compagnon et des proches de la victime sauvagement assassinée et égorgée par un  criminel récidiviste, adepte des viols avec violence. Criminel récidiviste car ayant été déjà condamné pour deux viols dont un en France: plus de  5 ans de prison pour viol avec violence.

Une plainte pénale pour mise en danger de la vie d'autrui contre le département de la santé du sinistre  Mauro Poggia, soit disant défenseur avec son MCG des citoyens genevois et qui trouve que tout va bien, alors qu'il est responsable des HUG, dont le secrétaire général a déserté sa responsabilité de contrôle médical psychiatrique concernant le centre de sociothérapie de la Pâquerette et donc a indirectement permis le drame.

Une plainte pénale pour mise en danger de la vie d'autrui contre le département de la sécurité de Pierre Maudet qui se réfugie lâchement,  pour rester muet, derrière l'enquête en cours concernant le SAPEM, le service de l'application des peines et des mesures, qui doit décider du sort des prisonniers sur la base de rapports, donc de rapports psychiatriques concernant les prisonniers incarcérés à la Pâquerette car dépendant de l'Hôpital. Il pouvait quand même répondre au médias en leur disant qu'il assumerait ses responsabilités si son service était reconnu responsable et cela semble une évidence. On ne laisse pas sortir comme cela,  seul avec une jeune et jolie socio-thérapeute, sans défense un multi-récidiviste costaud coupable de viols avec violence.

Et le rapport de l'avocat Bernard  Ziegler  commandé pourtant par l'Etat était clair: il y a eu violation de la loi de la part de la directrice de la Pâquerette. Il y a eu violation des directives concernant la sécurité du personnel. Adeline n'a pas été protégée. Le laxisme, l'inconscience, l'irresponsabilité et peut-être même la naïveté ont créé un véritable boulevard du crime pour le violeur récidiviste.

Reprenons les faits:  Fabrice Andermatten, au nom très suisse de souche qui fait  confiance, beau parleur et manipulateur a réussi on ne sait par quel prodige à intégrer l'unité de sociothérapie de la prison de Champ-Dollon, la Pâquerette, qui avait pour but de réintégrer les prisonniers à la vie en société.  Et pas par n'importe quel moyen! Pour Fabrice, l'équitothérapie, la thérapie par le cheval  avec sortie dans un établissement équestre sur la rive droite de Genève. Champ-Dollon se situant sur la rive gauche, c'est donc à l'autre bout du Canton! Pour préparer son viol avec un argument massif, il faut se procurer un couteau. Il ira dans un magasin avec son accompagnatrice et au lieu d'acheter un cure-sabot pour lequel il avait une autorisation, il achètera un couteau. Comme si le centre équestre n'avait pas de cure-sabot!  N'importe quoi! Et ce n'est pas fini. Pour accéder au centre équestre, il passe par un bois  et c'est la tragédie forestière: il assassine celle qui devait lui permettre de rejoindre la société des hommes libres, qui vraisemblablement s'est débattue contre le viol. Il l'égorge, assouvissant sa passion perverse.

La question lancinante est la suivante: comment à la Pâquerette a-t-on pu laisser sortir avec un seul accompagnant, et en plus une femme et une femme seule, sans défense, le récidiviste violeur pour sa séance d'équitothérapie ? C'est effrayant!


Face à ces faits révoltants nous avons l'explication du Pr Benoit Chappuis: "en effet, il y a eu une préparation de sortie du détenu inadéquate et des erreurs de jugement concernant la criminalité potentielle de Fabrice A" 

Avec une pareille faiblesse de jugement concernant les responsabilités des uns et des autres, car le juriste n'ose même pas porter un jugement juridique sur une personne précise, les HUG s'engouffrent dans la brèche et ne prononcent qu'un blâme. La directrice est juste mutée, même pas révoquée, même pas licenciée.

Et l'avocat de la directrice, l'avocat Spira, ancien bâtonnier de l'ordre des avocats renchérit: " le rapport  Chappuis relève que le travail remarquable et sans tache effectué par la Pâquerette est reconnu. Ma cliente est réhabilitée s'agissant de ses nombreuses qualités, tant professionnelles que humaines" Et pour impressionner le quidam il en rajoute: " Benoit Chappuis a procédé à l'audition d'au moins 30 témoins; son enquête a duré 7mois et elle est accompagnée de 5 classeurs fédéraux".

Et alors? Les Genevois sont vaccinés contre ce genre d'arguments. Les classeurs fédéraux hauts comme le jet d'eau, ils ont servi à quoi  concernant le pillage de la BCG: 2,3 milliards pillés par les faillites frauduleuses des spéculateurs immobiliers, et les corruptions bancaires, jamais sous enquête, malgré les tonnes de classeurs fédéraux?

Si l'on en croit le compagnon de la défunte, ancien sociothérapeute de la Pâquerette, qui a témoigné à la TdG et  qui a l'air bien plus honnête que toute la clique au pouvoir et aux responsabilités dans cette affaire, et concernant cette fameuse audition de 30 témoins, il y avait neuf gardiens à plein temps à la Pâquerette: un seul a été entendu. Les deux gardiens présents le jour du drame n'ont pas même été auditionné!  Et son témoignage a lui a été considéré comme subjectif alors qu'il a mis en avant de simple faits contrôlables. Pitoyable!


Par exemple: il a donné sa démission à la Pâquerette en juillet 2013, parce qu'il n'y avait aucune analyse, aucun contrôle, aucune échelle mesurant  la dangerosité des prisonniers amenés à sortir de l'établissement. En plus, au fil des enquêtes de la TdG, on en apprend de bonnes. L'unité pénitentiaire  de la Pâquerette avait été rattachée au secrétariat général des HUG qui avait pour mission le contrôle du centre. Et puisqu'il s'agit des Hôpitaux universitaires genevois  et de criminels parfois meurtriers que l'on essaye de réintégrer dans la société, c'est évidemment de contrôles psychiatriques qu'il s'agit. Et donc d'un expert psychiatre,ou d'un collège d'experts psychiatres, c'est encore mieux, connaissant le dossiers des prisonniers au passé criminel, à même d'évaluer la dangerosité des détenus en collaboration avec les sociothérapeutes et la directrice du centre, pour décider de la sortie ou pas, pour des raisons thérapeutiques, des prisonniers. En mettant dans la balance, les risques encourus par le  personnel soignant en cas de sortie. Mais là rien. Zéro.

Il n'y avait pas de contrôle de la part du secrétaire général des HUG sur les Pâquerettes. Pas d'expertises psychiatriques. Pas de mesures de dangerosité, en violation des directives légales. De plus, c'est sauf erreur à la SAPEM, le service de l'application des peines et des mesures de commander les expertises psychiatriques. Puisqu'îl n'y a pas eu d'expertises psychiatriques concernant le violeur récidiviste, il faut croire que le SAPEM était aussi aux abonnés absents et donc également responsable. La directrice, dogmatique, sûre de ses choix, décidait pour tout, contre les directives, contre la loi. Avec pour conséquence de son imprévoyance, de son imprudence un assassinat horrible. Et il n'y a rien à voir. Il n'y a qu'un blâme. C'est n'importe quoi!

Dans les différentes interviews relayées par la TdG au cours de ses enquêtes, il y a celle parfaitement choquante et méprisante de l'avocat Michel Halperin. Cet  ancien président du Grand Conseil intervient en tant que président des HUG. Il souligne la qualité du travail effectué par Benoit Chappuis qui restaure la Pâquerette dans son éminente dignité. Et il a ces mots insensés et arrogants envers les victimes de l'horrible assassinat:  " la vérité est quelquefois plus subtile que les cris de haine et de désarroi". Cela signifie quoi? Que la famille, le compagnon, les proches de la défunte assassinée sont incapables de comprendre la subtilité de la vérité dans cette affaire et que par contre, ils ont recours à la haine dans leur désarroi. Il y a à la fois  l'arrogance de celui qui se croit supérieur à la plèbe, l'armée des petites mains, et surtout l'injure diffamatoire, car justement, jamais il n'y a eu de cris de haine de la part de la famille de la victime, seulement de l'incompréhension et de la révolte.

Il n'y a rien à attendre de positif de la part de celui qui défend une partie du clan criminel des Moubarak dont les milliards de la corruption ont été pour la plupart, toujours évidemment gérés depuis Genève et depuis 30ans . Pour que jamais l'argent public volé aux Egyptiens ne retournent dans les caisses de l'Etat égyptien !

Ma conclusion est la suivante:  d'abord du point de vue pénal il semble évident qu'il y ait eu une mise en danger grave de la vie d'autrui de la part  d'un moins trois entités publiques: le centre de sociothérapie la Pâquerette, les HUG,  pour sa responsabilité du contrôle de la Pâquerette, et le SAPEM pour les raisons évoquées plus haut.


Car en effet que nous dit l'article 127 du code pénal suisse, concernant la mise en danger de la vie d'autrui?

Celui qui aura la garde d'une personne hors d'état de se protéger elle-même, l'aura exposée à un danger de mort ou l'aura abandonnée à un tel danger sera puni d'une peine de  privation de liberté de cinq ans au plus ou d'une peine pécuniaire.

C'est très clair. L'Etat de Genève  est chargé de veiller à la sécurité de ses collaborateurs-trices fonctionnaires. Il a violé les règlements mis en place pour assurer la sécurité du personnel soignant, par exemple le contrôle institutionnel à l'aide d'une expertise psychiatrique concernant des récidivistes violeurs violents incarcérés quand il s'agit de leur permettre une sortie thérapeutique.

Si l'Etat ne prend pas les précautions d'usage, c'est évident qu'il est coupable de mise en danger de la vie d'autrui, ce qui est un grave délit pénal Cela devrait être évident pour tous les citoyens-nes, qui ont même un bagage juridique minimal concernant la connaissance des lois pénales suisses.

Si la défense argue que cette mise en danger de la vie d'autrui n'était pas volontaire, et qu'il y a eu seulement des manques de jugement à plusieurs niveaux de responsabilité,  il y a encore dans le code pénal suisse l'article 117. Que nous dit-il?

Art 117 Homicide par négligence: celui qui aura, par négligence, causé la mort d'une personne sera puni d'une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d'une peine pécuniaire.

C'est évident, sauf pour la clique au pouvoir, et aux responsabilités pourtant bourrée de juristes,  dans cette sombre affaire. Concernant celle-ci, ils se tiennent tous les pouces, les politiques, comme les hauts-fonctionnaires responsables, comme dans n'importe quelle République corrompue au monde, pour rester dans l'impunité. Et l'impunité amène l'impunité et comme la vermine dans un jardin abandonné, elle amène la destruction de nos institutions démocratiques. Pourquoi?

Parce que quand la corruption de la classe dominante devient trop voyante et la critique citoyenne trop importante, la seule solution c'est le régime de dictature, au nom de  "l'ordre public " évidemment, seul à même de faire taire et d'éliminer les citoyens et les citoyennes courageux qui osent protester et dénoncer les délits pénaux à l'aide de la raison critique C'est ce que risquent à terme les citoyens et citoyennes honnêtes et éclairés de notre pays avec la montée des extrêmes-droites en Europe et en Suisse, soutenues par l'oligarchie d'argent mondialisée. Cela a déjà été le cas quand une majorité de la classe dominante de ce pays, politiques et hommes d'affaires confondus, était prête à accepter l'ordre nazi au début des années 40 et à abandonner l'indépendance de la Suisse. Seul, avec quelques alliés, le général Guisan qui avait l'appui de l'opinion publique, du peuple suisse, a réussi à déjouer les plans de l'ennemi.

Ce que les défenseurs de Adeline doivent savoir, ces simples citoyens et citoyennes très dignes, c'est que même dans un Etat dit de Droit, la Justice est seulement un rapport de force et que le rapport de force  favorable le plus difficile à obtenir,c'est lorsque l'on s'attaque à un Etat, qui se défend par toutes les ruses possibles, car ceux qui sont au pouvoir peuvent s'effondrer s'ils perdent un procès pénal, comme une grande banque criminelle.

Dans l'affaire Adeline, pour défendre sa mémoire,  il me semble qu'il faut deux conditions: d'abord trouver la perle rare, un avocat combatif, réellement indépendant, compétent, loyal, et médiatique  pour gagner le combat de la vérité concernant les faits, les responsabilités pénales et civiles,  pour obtenir  les sanctions nécessaires et réparatrices.


Deuxième condition qui a l'air de se concrétiser: compter sur soi-même. Ce sont les citoyens et citoyennes concernés, avec l'aide des réseaux sociaux, et des journalistes de médias, non corrompus moralement, et courageux qui peuvent faire la différence pour gagner la faveur de l'opinion publique et gagner avec l'avocat, ou les avocats le combat juridique.


Pierre Pittet


                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         

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Commentaires

Entièrement d'accord avec vous Monsieur Pierre Pittet.

Le plus difficile sera de trouver un avocat intègre...

Car dans cette République Bananière qui est Genève, les copinages, les passes-droits, les pistons, les magouilles, les dissimulations, les intimidations ou pressions comme vous préférerez les nommés, ce sont les règles que ce "gouvernement" et de ceux qui nous gouvernent utilisent avec cynisme et sans aucune vergogne...

Cela ne va pas être facile, mais cela ne veut pas dire impossible..

Monsieur Pierre Pittet, vous, ainsi que le compagnon d'Adeline et ainsi que leur petite fille, vous avez tout mon soutient et je sais que je ne suis point un cas isolé dans cette nauséabonde République Bananière qui est devenue Genève.

D'ailleurs, ceux qui gouvernent cette nauséabonde République Bananière savent pertinemment que nous sommes beaucoup à ne plus tolérer de tels usages de copinage et de basses magouilles, mais aussi de devoir supporter leurs lâchetés.

Bien à vous,
Richard

Écrit par : Richard | 30/05/2014

Entièrement d'accord avec vous Monsieur Pierre Pittet.

Le plus difficile sera de trouver un avocat intègre...

Car dans cette République Bananière qui est Genève, les copinages, les passes-droits, les pistons, les magouilles, les dissimulations, les intimidations ou pressions comme vous préférerez les nommés, ce sont les règles que ce "gouvernement" et de ceux qui nous gouvernent utilisent avec cynisme et sans aucune vergogne...

Cela ne va pas être facile, mais cela ne veut pas dire impossible..

Monsieur Pierre Pittet, vous, ainsi que le compagnon d'Adeline et ainsi que leur petite fille, vous avez tout mon soutient et je sais que je ne suis point un cas isolé dans cette nauséabonde République Bananière qui est devenue Genève.

D'ailleurs, ceux qui gouvernent cette nauséabonde République Bananière savent pertinemment que nous sommes beaucoup à ne plus tolérer de tels usages de copinage et de basses magouilles, mais aussi de devoir supporter leurs lâchetés.

Bien à vous,
Richard

Écrit par : Richard | 30/05/2014

Cher Monsieur,
Merci pour votre texte et votre combat. Il est bien clair que les mots ne suffisent plus dans une telle situation. Il faut agir afin que les responsables comprennent la gravité de leurs actes. Face à ce drame, ce blâme est une honte.

Écrit par : Michèle Herzog | 01/06/2014

la pétition proposée via Michèle Herzog va peut-être faire bouger les lignes

Aujourd'hui au CA des HUG, Alain-Dominique Mauris (pdt du PLR) porte la réouverture de "l'affaire classée" à l'ordre du jour de la réunion du conseil.

Et pour zorro l'avocat, avec les Art. 127 + 117,

l'Art. 6 de la loi sur le travail, ordonnance 3, art. 2
«l'employeur est tenu de prendre toutes les mesures nécessaires afin d'assurer et d'améliorer la protection de la santé et de garantir la santé physique et psychique des travailleurs».

Écrit par : pierre à feu | 11/06/2014

Les commentaires sont fermés.