02/03/2014

UKRAINE: LES RACINES DU MAL!

Tensions  géopolitiques maximales en Crimée.

L'Ukraine veut dire la limite. La limite c'est le Dniepr, ce long fleuve qui partage l'Ukraine en deux. L'Ukraine historique, la  Kiev Russ est le berceau de la Russie,avant Moscou, vers le tournant le l'an 1000, c'est le centre de l'Ukraine actuelle avec ses vastes plaines de terre noire, fertiles et limoneuses.

Mais il y a l'autre Ukraine, c'est de l'Est, tournée vers la Russie, le Dombast, avec ses mines de fer et ses centres industriels de Donetz, et une autre Ukraine encore, celle de l'ouest, agricole et forestière avec les Carpates et Lviv, chrétienne uniate, nationaliste  et même ultranationaliste, qui avait frayé avec l'Allemagne nazie pendant la deuxième guerre mondiale, contre les juifs et contre une URSS, matérialiste et athée.

Ensuite, le rattachement de la Crimée à l'Ukraine, un don de Kroutchev après la déstalinisation, pour compenser les millions de morts de la famine ukrainienne de 1932, due à la séquestration des récoltes de céréales par le dictateur Staline pour faire manger les Russes, suite aux problèmes de production du modèle  économique  communiste agricole.

 La Crimée avait été une conquête russe d'il y a 250 ans, avec Sébastopol  un port stratégique russe, en lien avec la méditerranée, pour protéger le flanc sud de la Russie. L'Ukraine est considérée par les Russes comme la " petite Russie", la méridionale, dont la langue ne diffère pas fondamentalement du russe.

Compte tenu des réalités historiques, la seule voie de sagesse possible pour l'Ukraine, c'est l'indépendance et la neutralité puisqu'elle se trouve pile entre le monde occidental et le monde oriental.Comme la Suisse se trouvait dans le passé, pile entre les puissances françaises et autrichiennes. C'est le modèle de la neutralité armée qui a prévalu ce qui a sauvé l'indépendance du petit pays pile au centre de l'Europe occidentale.

Si L'Ukraine veut échapper à la guerre civile et à la partition, victime alors de la nouvelle guerre froide qui est en train de s'allumer entre les puissances occidentales( Etats-Unis et Europe) et orientales ( Russie et Chine) elle doit affirmer sa détermination et être intraitable concernant son indépendance.

Quitte à donner plus d'autonomie et d'indépendance aux quatre et même cinq parties qui la composent. Les modèles politiques existent, et la crise doit se résoudre d'une manière politique et non par la violence et la guerre.

Les caisses publiques ukrainienne ont été pillées par les corrompus et les oligarques milliardaires,qui ont pratiqué le blanchiment de fraude fiscale par milliards.

Des dizaines de milliards de la monnaie nationale, manquent. Les caisses sont vides et lorsque vous allez mendier de l'argent, vous devenez l'otage des créanciers: la Russie qui en échange d'un prêt de dizaines de milliards, a exigé que l'Ukraine renonce à son association économique avec l'Europe. Ou l'Europe qui a tenté, avec cette association, même à minima à tirer l'Ukraine de son côté. C'était déjà trop pour le grand frère russe.

Pour garder son indépendance, un peu comme l'Egypte, il lui faut un président fort et moral. Il faut un pays fort et autonome financièrement. Or, l'Ukraine  qui a gagné son indépendance en 1991, à la chute de l'URSS, n'est pas devenue plus forte,  avec plus de justice sociale que pendant sa période soviétique, c'est le contraire qui s'est passé. Et pourtant c'est un grand pays de plus de quarante millions d'habitants, avec un fort potentiel économique sous réserve d'un modèle social et économique sain pour remplacer le modèle de l'utracapitalisme kleptocrate actuel.

Le camp occidental, vainqueur de la guerre froide, a prétendu apporter la liberté et la démocratie en Ukraine. En fait, le libéral-ultracapitalisme ukrainien qui a succédé au socialisme réel, sans foi ni loi, à part la loi de la jungle, a favorisé l'essor d'une minorité de riches, d'une oligarchie d'argent, sans scrupule et corrompue, et une paupérisation toujours plus grave des classes populaires et moyennes, au fur et à mesure que le modèle libéral-capitaliste yankee mondialisé s'effondrait, avec ses crises successives dont la pire est la crise financière qui a déferlé sur le monde, depuis les Etats-Unis et depuis 2008. Pour s'en sortir,et unir le peuple américain, il ne reste plus qu'au régime yankee que la fuite en avant, dans les provocations et les guerres, en continuant à mentir à son peuple, en lui vendant une liberté et une démocratie dégénérées. A moins que la révolution citoyenne qui a démarré dans le sud du continent atteigne le peuple américain!

La Suisse a une responsabilité énorme vis à vis de l'Ukraine. C'est elle principalement mais avec d'autres pays comme l'Autriche et vraisemblablement aussi l'Angleterre avec la City, qui a accueilli les milliards du blanchiment de fraude fiscale. Or, ce blanchiment a commencé il y a plus de 20 ans et elle n'agit que maintenant!Le blanchiment est pénal en Suisse depuis l'an 2000!

A juste titre, le journaliste François Pilet dans le Matin dimanche de ce jour fait remarquer qu'il y a plus d'une année, il avait effectué un reportage sur les sociétés du fils dentiste de Yanukovitch, qui est devenu multimillionnaire en quelques années, avec son argent et ses sociétés planquées en Suisse. On avait ri de lui!

Le peuple suisse risque de payer très cher dans le futur le fait que peut-être même malgré lui, il est devenu un peuple de receleurs et cela depuis près de 100 ans maintenant, depuis le début du secret bancaire en Suisse.

S'il veut éviter le pire, sa société civile doit être pro-active et créative pour réparer les tords, car il ne faut pas beaucoup compter actuellement sur  sa classe politique, tous partis confondus, et judiciaire en grande partie lâches, hypocrites, ignorantes, cupides et  moralement corrompues.


Pierre Pittet, Président de la CJP, association Citoyens-citoyennes pour la Justice publique.



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Commentaires

Bonjour,

Merci pour cet article. Une fois de plus la Suisse se retrouve mêlée à détournement d'argent monstrueux. Toztes ces affaires sont une honte pour le pays. Les banquiers suisses sont cupides et ne se préoccupent absolument pas de la misère des autres peuples. Bien au contraire, ils en profitent... BEURRK. Je suis dégouté, une fois de plus, par les agissements frauduleux de certains. Il est plus que temps que ça change.

Écrit par : yoshi | 04/03/2014

Bonjour,

" Une fois de plus la Suisse se retrouve mêlée " : en fait il faut bien plutôt préciser " les banquiers suisses " : ni le gouvernement suisse ni le peuple suisse ni la Suisse n'ont commis cela. Ce sont les BANQUIERS et eux seuls qui n'ont pas eu les c*****s de dire haut et clair "votre argent n'est pas honnête ni propre" et encore moins l'audace de le clamer ouvertement en désignant l'affreux.

Mais voilà, le trop célèbre "si c'est pas nous, un autre s'en chargera".

Les faux-derches ont de beaux jours devant eux.

Écrit par : Keren Dispa | 22/03/2014

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